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Drapeau en berne: Pour une Europe aux frontières ouvertes

Introduction et contexte

Le charbon et l’acier ont marqué le début. De même que la déclaration de Robert Schuman du 9 mai 1950. C’était il y a exactement 70 ans. Schuman est né ici au Luxembourg. Il est considéré comme un des pères fondateurs de l’Europe telle que nous la connaissons aujourd’hui. En 1952, la Belgique, l’Allemagne, la France, les Pays-Bas, l’Italie et le Luxembourg ont fondé la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) selon les plans de Robert Schuman. Ce projet a non seulement assuré la paix entre ces pays, mais a aussi jeté les bases de la future Union européenne.

En 1957, les mêmes pays ont créé une communauté économique, dont est issue la Communauté européenne (CE). De plus en plus de pays y ont adhéré. En 1993, le Traité de Maastricht a créé l’Union européenne (UE). Aujourd’hui, un peu plus de 500 millions de personnes vivent en Europe.

Puis, il y a eu Schengen. Par le traité du 14 juin 1985, il y a 35 ans, le petit village viticole au tripoint est devenu connu au monde entier. Schengen représente la libre circulation des produits et des personnes. Schengen est un jalon important pour toutes les personnes qui vivent dans cet espace, parce que Schengen représente l’Europe aux frontières ouvertes. Et l’amitié.

C’est justement cette Europe-là qui a dû encaisser des coups ces dernières semaines. En effet, pour certains, c’était soudain chacun pour soi. Personne n’aurait osé imaginer qu’une série d’États nationaux recommenceraient à ériger des barrières et à faire des contrôles, qui rendent le passage des frontières plus difficile, voire impossible.

Déclaration du 9 mai 2020

Pour une Europe aux frontières ouvertes

L’Europe a uni ce qui va ensemble. L’Europe, c’est la collaboration et la cohabitation. Personne ne doit avoir le droit de bloquer les habitudes des personnes par des frontières.

L’Europe, ce sont des centaines d’actions et de projets communs mis en œuvre sur le plan communal, local et régional. L’Europe, ce sont des amitiés et des partenariats, qui vont bien au-delà des frontières des différents pays. Pourquoi tout remettre en cause pour lutter contre la propagation d’un virus ?

Voyager sans contrôles aux frontières. Se sentir en sécurité et faire confiance les uns aux autres. Être Européen signifie pouvoir vivre sans guerre depuis 75 ans. Avec beaucoup de libertés, de garanties et de droits. Tout cela repose sur la stabilité économique et politique. Et sur la solidarité entre tous. C’était l’usage depuis des décennies entre bons voisins.

L’Europe est avant tout aussi l’Europe des citoyens. Peu importe de quel côté d’une frontière nationale ils vivent. L’Europe, c’est aussi l’Europe des communes et des villes. C’est là que les gens sont chez eux, c’est là qu’ils vivent.

D’où ce message des communes et des villes luxembourgeoises, ensemble avec leur syndicat, le SYVICOL.

L’Europe doit rester ce qu’elle est. Une Union forte !

Comme de nombreuses autres communautés à travers le monde, cette Union est actuellement mise à l’épreuve par un virus, mais elle ne se brisera pas pour autant. Tous ces liens sont trop forts et la solidarité est trop grande pour que cela puisse arriver.

Aujourd’hui, 9 mai 2020, Journée de l’Europe, 70 ans après la déclaration de Robert Schuman, les communes luxembourgeoises, ensemble avec leurs communes voisines en Allemagne, en Belgique et en France, portent haut l’esprit de l’Europe.

Le drapeau de l’Europe est hissé en tant que message fort et geste symbolique, mais aussi par fierté de cette communauté qui nous apporte tant.

C’est pourquoi nous revendiquons une Europe aux frontières ouvertes. Les citoyens du vieux continent ne connaissent et ne veulent pas d’Europe différente !